dimanche 9 septembre 2012

Semaine 1

Ça y est ! Ma première semaine en prépa est déjà écoulée, et pourtant je ne saurais encore me définir comme une Hypokhâgneuse avec un grand H. En réalité, tous ces appels anxieux de mes proches m'ont plutôt fait sourire : "tu n'es pas morte ?", "tu croules sous les devoirs ?" Eh bien pour tout vous dire, non. Et même que je les attends avec un certain empressement, tous ces devoirs. Ma première semaine m'a fait entrevoir la quantité considérable de livres, de mots, d'histoires passionnantes que je vais découvrir cette année, et, il faut le dire, je brûle littéralement d'impatience.

Lundi dernier, je traîne donc mes deux grosses valises dans le RER et dans le métro, pour découvrir ce qui, si tout va bien, sera mon principal habitât pour un ou deux ans. Dans la foule des étudiants qui s'empressent devant la Chapelle du lycée où l'on est tenu de venir récupérer ses clés, une angoisse m'envahit. J'écoute malgré moi les discutions des élèves entre eux : "Mes parents ont fait leur prépa ici, blablabla, Toute ma famille est à Normal Sup...Blablabla" Mais qui sont ces extras-terrestres, me demandé-je avec appréhension. Lorsque vient mon tour, je ravale mes craintes et découvre le nom de celle qui sera ma colocataire. Puis, trois étages pour le moins imposants plus tard, je découvre notre chambre. Première bonne surprise : l'intérieur est plus que confortable. Deuxième bonne surprise : lorsque ma colocataire entre dans la chambre avec ses grosses valises, je me prends presque instantanément de sympathie pour elle. Sentiment dans lequel je me verrais confortée au cours de la semaine. Nous nous installons tranquillement, dans l'attente - tintée d'angoisse - des premiers cours et de la rencontre avec notre classe.

Nous sommes jeudi. Après deux jours très paisibles (banalisation des cours du mardi après-midi et journée d'intégration très sympa le mercredi), nous nous embarquons dans ce qu'on pourrait appeler "les choses sérieuses". On commence par deux heures d'anglais, puis nous rencontrons les professeurs de latin, de géo et d'histoire. Je les trouve tous humains (bien que certains m'impressionnent a little bit), passionnés et passionnants. Mention spéciale pour la prof de latin, dont les discours nous laissent littéralement scotchés. Ses paroles dégagent une sorte de charme magnétique, si bien qu'à la fin du cours, tout le monde meurt d'envie de se plonger dans Homère et dans Virgile, qu'elle nous a décrit avec passion. Elle a su rendre, à travers notre thème "Représentations de l'espace : l'ici, l'ailleurs, l'au-delà", cette langue morte bien vivante, absolument actuelle et nécessaire à la compréhension des civilisations contemporaines. Elle nous a, par exemple, expliqué les différences de conceptions entre les civilisations Européenne et Américaine par leurs influences en terme de littérature antique (littératures grecque longtemps privilégiée par les Européens, et négligée par les Américains au profit de la littérature Romaine, et vice-et-versa). Je sens que je vais adorer le latin, ce à quoi je ne m'attendais pas spécialement. Jeudi soir, je vais jouer aux cartes avec les autres internes, histoire de mieux faire connaissance. Bonheur de pouvoir parler littérature, musique, philo avec des gens qui n'en sont pas moins jeunes et vivants. Au lycée, sauf exception, il était impossible de parler de choses intéressantes sans se faire railler. Ici, les gens sont à la fois passionnés et tout à fait normaux (rien à voir avec le stéréotype du rat de bibliothèque). Nous nous lançons dans une discussion sur Les Mouches et Huis Clos de Sartre, avec un détour par Camus et pas mal de rigolades. je sens que je vais me plaire avec eux.

Vendredi, nous rencontrons encore de nouveaux professeurs : Histoire des arts, philosophie de l'art, philosophie tout court. J'ai un coup de foudre - ce à quoi je m'attendais assez - pour la philo de l'art. Deux heures dans la semaines entièrement consacrées aux questions passionnantes du Beau et de l'Art. Je suis restée captivée pendant toute la durée du cours. La prof d'histoire des arts est elle aussi très intéressante.

Samedi matin, deux heures de français. Le prof introduit son cours par la question : Pourquoi lire dans un monde dominé par la science et le commerce ? Et enchaîne sur la nécessité des Lettres, dans un cours truffé de références passionnantes à des sociologues ou écrivains contemporains s'étant penchés sur cette question de la lecture. Quand sonne la fin du cours, c'est presque à regrets que nous quittons la salle.

En bref, ma semaine a été intense (tant de nouveautés en si peu de temps) mais j'attends la suite avec un immense enthousiasme. En quelque sorte, je suis restée sur ma faim. Oyé oyé, dissertations, nuits blanches, piles de bouquins, 0.5/20 de moyenne, accourez, croulez sur moi, je vous attends ! Haha. Enfait, je ne me sens pas encore totalement en hypokhâgne, bien que les profs nous aient fourni une bibliographie plutôt dense dans chaque matière et que j'aie 450 mots de vocabulaire d'anglais à apprendre pour lundi prochain. J'en veux plus ! ( si je relis ces lignes dans deux mois je vais me haïr) En tout cas, mes envies de lectures, encore plus que d'habitude, vont dans tous les sens. Les professeurs ont vraiment le don de nous transmettre leurs passions livresques. J'ai terminé l'Education sentimentale (yessss) et Comment parler des livres qu'on a pas lu de Pierre Bayard, livre très intéressant et drôle qui m'a donné envie d'en lire mille autres (entre autres Je suis un chat de Soseki, qui a l'air absolument génial mais que je n'aurais jamais le temps de lire). Et hier, j'ai commencé L'Odyssée qui pour l'instant me plaît beaucoup.

Voilà tout ça pour dire que l'hypokhâgne c'est trop cool ! Et vous, comment s'est passée votre rentrée ?

lundi 3 septembre 2012

Rentrée !

Voilà. Dans quelques heures, je serai interne et demain, hypokhâgneuse !
Au moment où je vous parle, je suis dans les préparatifs jusqu'au cou. J'ai envie d'emporter toute ma maison. Les catégories "écharpes" et "pulls douxdouxdoux réconfortants" sont particulièrement saturées, sans oublier le plus important : le THÉ ! Yahahahihihhohoho je suis toute excitée de rentrer en hypokhâgne !
Alors je vous laisse avec de la musique et je reviens dans une semaine pour vous raconter tout cela ! Bonne rentrée à tous !


samedi 1 septembre 2012

Du côté de chez Swann

" [...] et certes quand ils étaient longuement contemplés par cet humble passant, par cet enfant qui rêvait - comme l'est un roi par un mémorialiste perdu dans la foule -, ce coin de nature, ce bout de jardin n'eussent pu penser que ce serait grâce à lui qu'ils seraient appelés à survivre en leur particularité les plus éphémères; et pourtant ce parfum d'aubépine qui butine le long de la haie où les églantiers le remplaceront bientôt, un bruit de pas sans écho sur le gravier d'une allée, une bulle formée contre une plante aquatique par l'eau de la rivière et qui crève aussitôt, mon exaltation les a portés et a réussi à leur faire traverser tant d'années successives, tandis qu'alentour les chemins se sont effacés et que sont morts ceux qui les foulèrent et le souvenir de ceux qui les foulèrent. Parfois ce morceau de paysage amené ainsi jusqu'à aujourd'hui se détache si isolé de tout, qu'il flotte incertain dans ma pensée comme une Délos fleurie, sans que je puisse dire de quel pays et de quel temps - peut-être tout simplement de quel rêve - il vient."
  Marcel Proust, Du côté de chez Swann.






Proustproustproustproustproust. J'ai envie de lire à l'Ombre des jeunes filles en fleur. Et tout le reste. Mais pour l'instant, je bloque sur L'éducation sentimentale que je dois lire pour la prépa. J'ai découvert Flaubert avec passion il y a quelques années (Mme Bovary, mon amour) et là, rien. Je reconnais que c'est bien écrit, que l'histoire n'est pas totalement inintéressante, mais je n'arrive justement pas à m'y intéresser. Frédéric rime avec soporifique. Je ne demande pas que les héros de livres soient tous comme Mme de Clèves, "la plus jolie et la plus vertueuse et la plus parfaite de la Cour du roi", au contraire. J'aime bien les "anti-héros", mais là, Frédéric le lâche ne me fait ni chaud ni froid. Je me sens presque coupable de ne pas aimer, parce-que quand même, c'est Flaubert. Enfin. Je lis le Degré zéro de l'écriture de Barthes en parallèle que je trouve, bien que difficile, tout à fait passionnant. 

Sinon, je m'installe à l'internat dans 2 jours et je n'ai pas encore décidé si j'étais effrayée ou super enthousiaste.

mercredi 29 août 2012

Réflexions Pré-prépa !

Mes principales peurs :

- Avoir une colocataire tyrannique
- Que mes camarades de classe soient du genre à s'étouffer parce-que je n'ai pas lu l'intégrale de Kierkegaard en version originale 
- Que mes profs soient du genre à s'étouffer -bon ok y a de quoi- parce-que je sais placer environ 3 pays et demi sur la carte du monde
- Ne plus jamais avoir de temps pour une soirée ou une sortie entre amis
- Devoir commenter des textes en espagnol alors que mon niveau se résume à savoir dire "Buenos dias" et "do you want some nachos ?"
- Ne plus jamais toucher à mon violon ni à mon ukulélé
- Oublier les mots "Desperate Housewives" et "How I met your mother"
- être fatiguée et aigrie 24 heures sur 24


Mes principales sources d'enthousiasme/espérances :

- Avoir une colocataire géniale
- Rencontrer des gens passionnés - ou du moins qui s'intéressent à autre chose qu'à leurs cheveux - MAIS pas snob pour autant et avec qui je pourrai aussi parler de mes cheveux de temps en temps.
- Apprendre, apprendre, apprendre toute la journée des choses passionnantes
- Mieux comprendre le monde qui m'entoure
- Pouvoir lire toute sorte de livres
- Me faire des amis pour la vie


Des préoccupations plutôt banales pour une future hypokhâgneuse. Pour l'instant, les cours en eux-même ne me font pas peur : je pourrai bien avoir zéro de moyenne, être le cancre de la classe - ce qui est fort possible vu mon niveau déplorable en espagnol et en géo - je n'en serai pas moins enrichie par tout ce que je vais découvrir. J'espère que ces études renforceront ma passion des livres.
Choisir ses études par passion, j'ai conscience que c'est une chance dans la mesure où beaucoup de jeunes subissent la pression familiale, ce que je n'ai jamais connu - et je suis résolue à en profiter le plus possible.

Dans une semaine, j'aurai déjà assisté à mes premiers cours, j'aurai une chambre à l'internat, une colocataire, des camarades de classe, peut-être déjà une pile de devoirs ?

mardi 28 août 2012

Lectures d'été (2)

 J - 6 avant la rentrée ! J'ai peeeuuuur ! Bref, en attendant, je continue mon bilan de lectures.

- Les Nuits blanches, Dostoïevski : J'avais vu une adaptation théâtrale de ce petit texte, qui m'avait énormément plu. Du coup, j'ai eu envie de le lire et ça m'a vraiment parlé. J'adore la description du rêveur.

" [...] Voilà son imagination qui lance de petits éclairs [...] son imagination est de nouveau parée, tendue, et de nouveau, soudain, un nouveau monde, une vie nouvelle et envoûtante scintille devant lui sa brillante perspective. rêve nouveau- bonheur nouveau ! Nouvelle prise d'un poison raffiné, sensuel ! Oh, qu'aurait-il à faire de notre vie réelle ? Pour son regard acheté, vous et moi, Nastenka, nous vivons dans une telle paresse, une telle lenteur, une telle pâleur ; pour lui, nous sommes si mécontents de notre destin, [...] "les pauvres", pense le rêveur. pas étonnant qu'il le pense ! Voyez ces ombres magiques, si envoûtantes, si fantasques, insouciantes, qui s'assemblent devant lui et composent un tableau magique et animé [...] Voyez quelles aventures, quels essaims infinis de rêves exaltés."

- La Douce, Dostoievski : Rien à dire de spécial, j'ai bien aimé mais ça ne m'a pas passionné non plus.

- A Painfull case, James Joyce : Je l'ai lu dans une édition bilingue, et j'ai découvert non sans frustration que seule la traduction me faisait constater le style de l'auteur à proprement dit : en lisant le texte original, j'ai certes accédé à la compréhension générale de l'histoire, mais un grand nombre de mots m'ont fait défaut et j'ai laissé passer le plus important. J'espère que l'hypokhâgne m'aidera à pouvoir lire et apprécier un livre en anglais comme si je le lisais en français !

- Protagoras, Platon : Premier livre lu pour la prépa. Comme toujours en philo, je ne comprends pas tout mais j'aime bien le fait que ce soit écrit en dialogues, je trouve ça très vivant, et, à certains moments, assez drôle. J'avais lu Le ion en terminale, qui m'avait paru plus limpide et avait plus sucité mon intérêt, vu que c'est sur le thème de l'art. Mais bon Protagoras m'a plu quand même, j'aime beaucoup le côté "débat". J'ai bien envie de lire le Banquet.

- Du côté de chez Swann, Proust : Alors là alors là alors là. Le plus beau livre que j'ai lu jusqu'alors. Je ne sais même pas comment en parler. Chaque mot, chaque passage est une perfection. A chaque mot que j'ai lu, j'ai ressenti à la fois un plaisir ineffable et le regret de l'avoir déjà lu, de ne plus pouvoir éprouver cette sensation qui ne sera jamais aussi intense que lorsque je l'ai lu pour la première fois. Magnifique, vraiment. En particulier les parties où le narrateur est enfant (même si la partie "un amour de Swann" est tout aussi admirable)

- Illusions perdues, Balzac : Lu pour la prépa. Un très beau livre, j'ai vraiment adoré l'histoire du petit poète innocent et plein de bonne volonté qui se voit arraché à ses rêves par les milieux parisiens de la littérature et du journalisme où tout est calcul, manipulation et argent. C'est tragique, mais ils sont tous si ignobles que c'en devient hilarant et le héros se révèle ambitieux, superficiel, frivole. J'adore voir la famille se saigner aux quatre veines pour cet enfant gâté, pensant qu'il va triompher, alors que celui-ci les ruine toujours plus. Ce roman surpasse ce que j'ai lu de Balzac jusqu'ici - c'est-à-dire presque rien (Ferragus et Eugénie Grandet que j'avais déjà aimé) ! J'ai très envie de lire la suite mais avec tout le retard que j'ai pour la prépa, je n'aurais pas le temps. En tout cas, je le conseille à quiconque à envie de se plonger dans un bon gros roman bien écrit, tragique et drôle, dans lequel on ne s'ennuie jamais.

- Médée, Sénèque :Lu pour la prépa (pour le latin). J'avais vu la dernière scène de cette tragédie au théâtre. J'ai bien aimé le texte, la folie de Médée est telle que l'on a presque peur. Plusieurs fois, j'ai levé la tête du livre genre "Ok les gars personne ne s'énerve, on va tous aller prendre un café et on va éviter de tuer les enfants de Médée ça vous va ?"

- La princesse de Clèves, Mme de Lafayette : Encore un livre lu pour la prépa. Franchement, je ne comprends pas pourquoi tout le monde trouve que La Princesse de Clève est un roman ennuyeux. Certes, on peut trouver un petit côté "à l'eau de rose" à l'histoire, mais je ne me suis pas ennuyée du tout ! J'ai bien aimé les petites digressions au cours desquelles un personnage raconte les "potins" de la Cour, et je me suis bien plongée dans l'histoire, j'adore l'épisode de la lettre, et le passage où Mr. de Nemours, ne pouvant s'en empêcher, vole le portrait de la princesse.

lundi 27 août 2012

Lectures d'été

Bonjour Bonjour, me voici rentrée de vacances ! Rentrée à l'internat dans une semaine. Ça fait bizarre. Il y a une semaine, j'ai découvert une liste de lecture inédite sur le site de Michelet (en plus de celle qu'ils avaient fournie avec le dossier d'inscription) avec une quinzaine de livres supplémentaires à avoir lu (oups ?) impérativement pour le jour de la rentrée. Ils ont beaucoup d'humour. Malgré mon grand retard, je prends le temps de dresser un petit bilan de mes lectures d'été.

- La confusion des sentiments, Stefan Zweig : J'aime passionnément cet écrivain, qui à lui seul me fait regretter de ne pas avoir choisi Allemand LV2. Toujours un peu frustrée, donc, de ne pas pouvoir goûter aux délices hypothétiques du texte original. Mais bon. J'ai découvert dans ce texte de merveilleux passages sur la lecture et la littérature - dont j'en ai cité un dans un article antérieur. Les mots de Zweig sont brûlants, fiévreux, ils sont autant de convulsions malsaines, aussi je l'ai lu d'un trait, sans pouvoir m'arrêter.
Je le classe donc dans mes textes favoris de l'auteur, derrière Le Monde d'hier et Marie-Antoinette, dont je suis amoureuse !


- La force de l'âge, Simone de Beauvoir : Ah, Simone, comme je l'ai adorée, invoquée, pleurée l'année de mes 16ans. J'avais eu un véritable coup de foudre pour les Mémoires d'une jeune fille rangée et les Cahiers de jeunesse (sorte de journal intime qu'elle a tenu de 1926 à 1929, publiés seulement en 2008). J'avais aussi beaucoup aimé les Mandarins et une Mort très douce. Alors bon, en ouvrant le deuxième tome de ses mémoires, je savais que j'allais me régaler. Le texte m'a effectivement plu, mais - peut-être ma passion pour le premier volume m'avait-elle incité à trop idéaliser l'auteur - je n'ai pas vécu cette lecture aussi violemment qu'il y a deux ans. C'est peut-être dû au fait que Simone de Beauvoir a été ma Muse à une certaine époque, et que j'ai découvert d'autres beaux livres entre temps.  Ceci dit, en apprendre plus sur sa vie  m'intéresse toujours autant et j'adore les passages consacrés aux difficultés qu'elle éprouve à écrire l'Invitée, son premier roman. C'est plutôt moi qui ai changé, et non la plume de Simone que je continue à beaucoup aimer.

- Méditations Métaphysiques, Descartes : Un ouvrage que j'ai trouvé très accessible, contrairement à beaucoup d'autres livres de philo qui ne sont pas vraiment abordables lorsqu'on sort de terminale. La première personne est très agréable, et même si je ne peux pas encore prétendre à tout saisir, j'ai vraiment apprécié les réflexions / observations de Descartes, qui m'ont fait réfléchir à mon tour. J'avais déjà lu le Discours de la Méthode qui m'avait donné la même impression. En plus, ça a vraiment rendu plus vivant ce que j'avais appris sur le philosophe en cours.

- Fictions, Borges : J'avais eu envie d'aborder Borges après avoir lu un dossier passionnant consacré à l'écrivain dans le Magazine littéraire d'avril. L'imaginaire de l'écrivain m'a transportée. Je retiens trois nouvelles : - La bibliothèque de Babel dans laquelle l'Univers est une bibliothèque infinie qui contient toutes les combinaisons, tous les assemblages possibles de caractères, donc tous les livres possibles. La plupart des livres se résument à une succession illisible des lettres de l'alphabet. Certains de ses habitants cherchent, toute leur vie durant, LE livre qui leur apportera une révélation.
- Tlön, Uqbar, Orbis Tertius : description du pays imaginaire d'Uqbar et de son peuple. Dans ce pays, tout le monde vit selon la doctrine idéaliste de Berkeley : les choses en soi n'existent pas, seules notre perception des choses et les idées sont réelles. 
- Les ruines circulaires : Un homme nourrit le projet de donner naissance, dans la vie concrète, à une personne qu'il a rêvé. Vraiment adorable !

Bref, j'ai trouvé dans ces nouvelles beaucoup de poésie, et en même temps un style assez neutre qui m'a dépaysé. Un jour je le lirais peut-être en espagnol (Joke.)


La suite dans un autre article !


samedi 7 juillet 2012

Bachelière !

Les résultats du BAC - 6 juillet 2012
 
Je fais le trajet avec deux amies, le ventre noué, mais lorsqu'on parvient à se frayer un chemin jusqu'aux listes des admis, surprise : nous sommes admises toutes les trois (première explosion de joie) et je découvre un joli "TB" à côté de mon nom (♪) Je vérifie une bonne dizaine de fois. C'est pas possible. Pas moi. La mention que je n'espérais plus, que je voyais s'éloigner au fur et à mesure que les semaines passaient et que je constatais l'ampleur des révisions qui me restaient à boucler ! Pour être honnête, en classe d'arts plastiques, on bosse tous à fond...le bac d'arts plastiques, et on délaisse totalement le reste. 20 planches et 15 projets à présenter pour ceux qui font 8h d'art par semaines, plus 3 grands thèmes d'histoire de l'art dont on en avait traité que 2, c'est un peu un périple. La plupart des élèves ont donc zappé la fameuse semaine de révisions pour aller au lycée finir leurs projets et écouter le cours sur l'art des jardins. Compte tenu de mes maigres révisions, la mention très bien était la dernière chose à laquelle je m'attendais !

Philo : 15/20. J'avais adoré le sujet "Toute croyance est-elle contraire à la raison ?" mais je n'avais aucune idée de si j'avais réussi ou non. Super contente !

Littérature : 16/20. Finalement, je fais (un peu) la paix avec les Mémoires de Guerre de Ch. de Gaulle. Je n'avais jamais dépassé le 14 aux bacs blancs de litté pendant l'année, donc une bonne surprise !

Anglais : 17/20. La blague, je n'avais rien compris au texte et laissé des contre-sens ridicules dans ma traduction. Mais ils ont du noter large étant donné la difficulté du texte (1er texte d'anglais ou je ne comprends rien au sens, la difficulté n'était même pas dans le vocabulaire : à la limite, même en français je n'aurais rien capté)

Espagnol : 17/20. Re grosse blague étant donné que je ne suis pas capable d'aligner deux mots en espagnol (je vais tellement souffrir en prépa haha), mais les textes et les questions type BAC sont toujours ridiculement faciles !

Histoire : 18/20. j'avais récité mon cours sur la Vème république et je ne connaissais aucun des deux croquis mais bon why not ?

Art Lourd : 17/20 à l'écrit et à l'oral. Les notes que j'attendais le plus. Mille (délicieuses) heures de travail durant lesquelles je ne pouvais pas m'empêcher de me dire "je crée un dessin animé pour le BAC pendant que d'autres révisent leur cours d'économie"

Art Facultatif : 18/20. Très bonne surprise qui me prouve que le faciès sceptique d'un examinateur ne veut pas dire grand chose.

Voilà, donc maintenant j'ai autre chose à écrire sur mon CV que "grande gagnante du concours : petit ours brun va à la ferme" Génial !