samedi 4 janvier 2014
Désillusions.
Pas une ligne depuis des mois : en dépit d'une somme conséquente de tentatives, je ne parviens pas à formuler cet article qui macère en moi tel un amer ragoût depuis début octobre. Or si un ragoût demande, outre quelques 500g de pommes de terre, une bonne décennie de mijotage à couvert, il arrive une heure où quiconque se doit de soulever le couvercle et d'instaurer un cessez-le-feu, sous peine d'avoir sur la conscience et l'incendie d'une casserole, et l'échec cuisant (hihihahahoho) d'un dîner. Alors si vous passez par là, ayez pitié, écoutez donc la complainte du ragoût.
Voilà, je crois que je vis mal ma khâgne.
Depuis octobre, je me vois sombrer dans une sorte de léthargie intellectuelle, de profonde démotivation quant à la perspective d'une quelconque réussite de cette année. Curieuse impression, nouvelle à ce jour, de ne pas du tout être à ma place en prépa. Curieuse désillusion, aussi, quant à un aspect scolaire, carré, de ces études, qui ne me convient pas. Qu'est-ce qui a changé depuis cette année d'hypokhâgne si géniale ?
Eh bien à mon sens, à peu près tout. Hier, en rentrant chez moi - comme quoi il est possible de vivre des instants fous, même dans la neurasthénie du RER ! - alors que je parcourais des entretiens entre Jean Claude Carrière et Umberto Eco (réunis dans un fantastique bouquin, N'espérez pas vous débarrasser des livres.), je suis tombée sur une anecdote qui, je crois, en dit long.
Jean Claude Carrière, en 1977, reçoit une visite de l'écrivain José Luis Borges, dans sa maison parisienne encore en chantier, complètement désordonnée. Lorsque, confus, il s'excuse de ce fouillis, Borges a cette réponse amusante : "Oui, je comprends. C'est un brouillon" Tout, même une maison en travaux, conclut Carrière, se ramenait chez lui à la littérature.
La littérature est partout. Elle envahit, imprègne tout, choses et êtres confondus. Voilà, je pense, ce que m'a appris mon année d'hypokhâgne. Or ce qui me déplaît en khâgne - parti pris certainement puéril de ma part j'en suis consciente - est qu'elle me paraît considérer les choses du point de vue contraire, nous présenter le spectre bien déterminé du programme comme une fin en soi, visant à former non des amoureux, mais des érudits. En bref, vous saurez tout sur le siècle de Louis XIV mais vous n'aurez jamais une minute pour vous perdre avec délectation dans les tortueux rayons de votre bibliothèque.
Dans ce cas, me direz-vous, il ne fallait pas s'inscrire en deuxième année, dans la mesure où, ce n'est pas un secret, la khâgne est une année dédiée à un concours, à un programme, et il est stupide de ne pas jouer le jeu alors même qu'on s'y est engagé en connaissance de cause. Et bien vous aurez raison. Le fait est que j'aurais dû m'en douter, passer un an à préparer un concours qu'on ne veut pas, ça vous laisse face à cet absurde hébétement, à ce "qu'est-ce que je fais là ?" constant, si bien que vous vous retrouvez, en ce samedi anxieux de fin de vacances, à servir à vos amis blogueurs un médiocre ragoût.
Ceci étant dit, je vous rassure, je vais bien, et la plupart des cours demeurent passionnant, vraiment, le problème concerne moins la khâgne en elle-même qu'une "erreur d'orientation" de ma part. J'ai simplement le sentiment de n'être pas faite, en raison de mes propres aspirations, pour cette deuxième année. Je compte terminer ma khâgne - à moins de subir un nervous breakdown à la Charlie Chaplin dans Modern Times - puis rejoindre l'université en double cursus Lettres Modernes Philosophie (et j'ai très hâte !)
Voilà, mes plus plates excuses pour cette loooongue absence. Je tenterai de reprendre un rythme plus régulier ! Et vous, comment se passe votre année ?
dimanche 8 septembre 2013
"Un matin, au sortir d'un rêve agité, Gregor Samsa s'éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine."
Khâgneuse, imaginez-vous. Du jour au lendemain. Par où commencer ? Vaste question qui, si elle se pose pour mon article, n'a pas été matière à s'attarder au cours de cette première semaine. Comment vous dire ? J'ai la sensation qu'en khâgne, on part du principe qu'on avait un train à prendre il y a dix minutes, une bonne grosse locomotive désormais en pleine course, et dont il faut maintenant poursuivre coûte que coûte les furieux wagons dans leur chevauchée des Walkyries, dût-on perdre trois jambes en route, jusqu'au prochain arrêt (à savoir le mois d'Avril : lorsqu'on en aura enfin terminé avec ces concours. Vous voyez la métaphore ? J'avais aussi un jeu de mots avec Tramway nommé désir, mais je me suis reprise.) Bon, en un mot, en khâgne, on est vite plongés dans le vif du sujet. (Traduisez ledit "vif-du-sujet" par trois explications de texte en Lettres, cinq articles de presse en anglais, espagnol et géo à commenter, deux versions. Voici mes devoirs pour ce "seul week-end soft", selon ma prof d'anglais, de début d'année.)
Le point positif, c'est que mon enthousiasme, en hibernation depuis la fin de l'été, est revenu au galop (que de chevauchées fantastiques dans cet article !) Comme en début d'hypokhâgne, je me suis pris, cette semaine, une gifle de culture, de littérature et d'esprit critique. Et, comme tous les ans, cette irrémédiable prise de conscience : mon dieu, les exigences ont triplé, cette année c'est du sérieux, blah, blah, blah. J'avoue que je ne m'attendais pas du tout à cet écart considérable entre hypokhâgne et khâgne : nouvelle intransigeance des professeurs (qui restent très gentils et jamais humiliants mais dont on sent bien qu'ils attendent bien plus que l'année dernière au niveau de nos "connaissances de base" et de notre investissement personnel), nouvelles techniques de travail (puisque nouvelle quantité de travail), ambition des programmes proposés...
La grosse différence que j'ai noté pour l'instant concerne la nécessité d'acquérir au plus vite un regard critique sur le monde qui nous entoure. Regard critique qui, en ce qui me concerne, se résume plus ou moins à "Oh l'autre ça s'fait pas ! La guerre c'est pas gentil dis." Cette année, il faudra s'astreindre à lire la presse espagnole, anglaise, et française bien sûr, au moins une fois par semaine, ce que (honte à moi) je n'ai jamais fait, en bonne "ingénue-bovaryste-férue-d'histoires-et-de-poésie-croyant-se-marier-avec-Marcel-Proust-plus-tard" que je suis. Mais je dois avouer que tout cela est assez génial. Une occasion de s'ouvrir l'esprit, et de (peut-être un jour) comprendre un chouïlla l'actualité.
Voilà. Une semaine dense, en somme. Aussi dense que réjouissante. Et vous, comment s'est passé votre rentrée ?
Le point positif, c'est que mon enthousiasme, en hibernation depuis la fin de l'été, est revenu au galop (que de chevauchées fantastiques dans cet article !) Comme en début d'hypokhâgne, je me suis pris, cette semaine, une gifle de culture, de littérature et d'esprit critique. Et, comme tous les ans, cette irrémédiable prise de conscience : mon dieu, les exigences ont triplé, cette année c'est du sérieux, blah, blah, blah. J'avoue que je ne m'attendais pas du tout à cet écart considérable entre hypokhâgne et khâgne : nouvelle intransigeance des professeurs (qui restent très gentils et jamais humiliants mais dont on sent bien qu'ils attendent bien plus que l'année dernière au niveau de nos "connaissances de base" et de notre investissement personnel), nouvelles techniques de travail (puisque nouvelle quantité de travail), ambition des programmes proposés...
La grosse différence que j'ai noté pour l'instant concerne la nécessité d'acquérir au plus vite un regard critique sur le monde qui nous entoure. Regard critique qui, en ce qui me concerne, se résume plus ou moins à "Oh l'autre ça s'fait pas ! La guerre c'est pas gentil dis." Cette année, il faudra s'astreindre à lire la presse espagnole, anglaise, et française bien sûr, au moins une fois par semaine, ce que (honte à moi) je n'ai jamais fait, en bonne "ingénue-bovaryste-férue-d'histoires-et-de-poésie-croyant-se-marier-avec-Marcel-Proust-plus-tard" que je suis. Mais je dois avouer que tout cela est assez génial. Une occasion de s'ouvrir l'esprit, et de (peut-être un jour) comprendre un chouïlla l'actualité.
Voilà. Une semaine dense, en somme. Aussi dense que réjouissante. Et vous, comment s'est passé votre rentrée ?
lundi 2 septembre 2013
Camarades khâgneux, l'aventure nous attend !
Voilà, je ré-emménage aujourd'hui à l'internat, mes valises pleines à craquer d'un savant mélange de frousse et de curiosité. Je n'aurai pas internet pour vous raconter mes premières aventures en direct, alors il me reste à vous souhaiter à tous une excellente rentrée ! à très bientôt :)
samedi 24 août 2013
Frayeurs khâgnesques
Je suis de retour ! Alors voilà, mes (formidables) vacances touchent à leur fin et dans un peu plus d'une semaine, je serai officiellement en khâgne. Et pour l'instant, je dois dire que cela m'inspire un incommensurable sentiment de frayeur. C'est idiot, surtout si l'on considère mon enthousiasme quasi-continu de l'année dernière, mais j'ai peur.
Peur, tout d'abord, de rentrer dans une logique qui n'est pas la mienne : celle du "challenge", du sprint harassant vers une fin bien définie. Certaines personnes aiment à se lancer sans cesse de nouveaux défis, et j'en connais déjà qui verront à coup sûr l'année de khâgne comme telle : un challenge, celui du concours, du bouclage d'un programme, etc...
Si je suis en prépa L, c'est par amour des livres : j'ai envie qu'on me raconte des histoires, j'ai envie de les apprécier, d'y réfléchir, de les raconter à mon tour et d'en imaginer de nouvelles. C'est ce que j'ai tant aimé en hypokhâgne : ce flux continu d'histoires qui se recoupent sans arrêt, nous permettant ainsi d'entrevoir le caractère essentiel, dans une vie comme dans l'Histoire avec un grand H, de la fiction et des choses racontées avec des mots. Découvrir tout cela, c'est moins du travail qu'un plaisir, puisqu'on sait qu'on aura jamais fini d'apprendre : il n'y a presque aucun enjeu, simplement un tête à tête avec des milliers de mots dont on sait qu'on n'en saisira jamais le sens précis.
Et si la khâgne était si intensive, si ciblée sur le concours, qu'elle me faisait perdre un amour finalement assez ingénu des livres ? Et si l'enjeu de l'année prochaine était de "tout savoir" sur le programme - perspective qui ne m'attire pas dans la mesure ou je ne cherche pas à "savoir" quoi que ce soit mais à découvrir - ?
Et puis, mille autres peurs peut-être infondées, plus ou moins les mêmes qu'avant l'hypokhâgne, peur de tout sacrifier à la prépa, de déprimer, ou encore d'être nulle...
Bien sûr, je reste curieuse de découvrir la khâgne, et je me doute bien qu'elle sera au moins aussi passionnante que l'hypokhâgne, mais tout de même... Peut-être les anciens khâgneux, s'il passent par là, pourront-ils me dire si mes craintes sont justifiées ?
Côté travail, je pense entreprendre un marathon la semaine prochaine, puisqu'il me reste 3 disserts d'espagnol, Les Tragiques d'Aubigné à lire, les œuvres lues à ficher et le livre "Les américains" d'André Kaspi à finir... Je sens que je vais m'amuser et mon petit doigt me dit que tous les futurs khâgneux vont passer sensiblement la même semaine que moi ! Bon stress de pré-rentrée à ceux qui passent par là :)
Peur, tout d'abord, de rentrer dans une logique qui n'est pas la mienne : celle du "challenge", du sprint harassant vers une fin bien définie. Certaines personnes aiment à se lancer sans cesse de nouveaux défis, et j'en connais déjà qui verront à coup sûr l'année de khâgne comme telle : un challenge, celui du concours, du bouclage d'un programme, etc...
Si je suis en prépa L, c'est par amour des livres : j'ai envie qu'on me raconte des histoires, j'ai envie de les apprécier, d'y réfléchir, de les raconter à mon tour et d'en imaginer de nouvelles. C'est ce que j'ai tant aimé en hypokhâgne : ce flux continu d'histoires qui se recoupent sans arrêt, nous permettant ainsi d'entrevoir le caractère essentiel, dans une vie comme dans l'Histoire avec un grand H, de la fiction et des choses racontées avec des mots. Découvrir tout cela, c'est moins du travail qu'un plaisir, puisqu'on sait qu'on aura jamais fini d'apprendre : il n'y a presque aucun enjeu, simplement un tête à tête avec des milliers de mots dont on sait qu'on n'en saisira jamais le sens précis.
Et si la khâgne était si intensive, si ciblée sur le concours, qu'elle me faisait perdre un amour finalement assez ingénu des livres ? Et si l'enjeu de l'année prochaine était de "tout savoir" sur le programme - perspective qui ne m'attire pas dans la mesure ou je ne cherche pas à "savoir" quoi que ce soit mais à découvrir - ?
Et puis, mille autres peurs peut-être infondées, plus ou moins les mêmes qu'avant l'hypokhâgne, peur de tout sacrifier à la prépa, de déprimer, ou encore d'être nulle...
Bien sûr, je reste curieuse de découvrir la khâgne, et je me doute bien qu'elle sera au moins aussi passionnante que l'hypokhâgne, mais tout de même... Peut-être les anciens khâgneux, s'il passent par là, pourront-ils me dire si mes craintes sont justifiées ?
Côté travail, je pense entreprendre un marathon la semaine prochaine, puisqu'il me reste 3 disserts d'espagnol, Les Tragiques d'Aubigné à lire, les œuvres lues à ficher et le livre "Les américains" d'André Kaspi à finir... Je sens que je vais m'amuser et mon petit doigt me dit que tous les futurs khâgneux vont passer sensiblement la même semaine que moi ! Bon stress de pré-rentrée à ceux qui passent par là :)
jeudi 1 août 2013
Pause.
Juste un petit message pour vous dire que je m'en vais, loin, loin, loin de mes révisions pour deux semaines ! Parce-qu'un voyage en hypokhâgne, c'est bien, mais un petit tour à travers l'Europe entre amis ça ne se refuse pas :)
Two for the Road, Stanley Donen
Seulement deux livres dans ma valise (exploit spartiate) : La naissance de la Tragédie de Nietzsche et Final del Juego de Julio Cortazar.
à bientôt, bon été à vous !
dimanche 21 juillet 2013
De la fatigue en prépa.
S'il y a bien un présupposé sur la prépa qui s'avère ne pas être un cliché du tout, c'est bien la fatigue, voir l'épuisement, ce syndrome du cerveau en bouillie, purée, confiture (et autres mets gloubiboulguesques de votre choix), qui vous assaille durant la période hivernale et vous transforme, tous autant que vous êtes, en de sombres et lymphatiques flans au regard vide. (Décidément, j'ose espérer que cet article parlera aux gastronomes) N'étant pas d'une nature excessivement sportive, - euphémisme quand tu nous tiens - j'avoue que j'ai souffert de cet aspect de l'hypokhâgne, et je me rends compte que je n'en ai peut-être pas assez parlé. Mais voyez vous, je commence à m'inquiéter sérieusement de ce qu'il en sera en khâgne, où la densité de travail, à ce qu'on m'en dit, continue à croître. Comment lutter contre la fatigue en prépa ? C'est une question que je me pose toujours, et que je vous pose à vous, d'ailleurs. Voici comment j'ai fait pour lutter un tant soit peu pendant l'année.
1- Les siestes : La première règle lorsqu'on est interne (et c'est là qu'on se rend compte de notre chance), c'est de sauter sur n'importe quelle heure de trou pour aller rejoindre son lit, même pour 20 précieuses minutes. L'heure suivant le dernier cours est aussi dédié à la couette. Pendant l'hiver, je trouve que c'est le seul moyen de tenir.
2- Les vitamines : indispensables durant la période la plus ardue (hiver-concours-blanc-grippe-et-j'en-passe) Personnellement j'ai opté pour une cure de vitamine C, puis de levure de bière.
3- Notre ami le kiwi : J'en ai usé et abusé pendant l'année. Idem pour les oranges. Pour un effet coup de fouet, lâchez-moi ce kinder bueno, allons, pas d'enfantillages, et engloutissez-moi cette corbeille de fruits !
4- Participer en cours : Parfois, le meilleur moyen que je trouvais pour sortir de ma torpeur, c'était de lever la main pour donner une réponse, ou poser une question. Je trouve que cela permet de se remotiver, de réaliser que malgré notre état, aussi piteux soit-il, le cours est passionnant et qu'un prof tout aussi harassé est entrain de se donner à fond pour nous. Une fois redressé et alerte, on oublie sa fatigue. (ou pas)
5- Les siestes : non parce-que c'est vraiment important.
Et vous, quelles sont vos astuces contre la fatigue prépateuse ?
1- Les siestes : La première règle lorsqu'on est interne (et c'est là qu'on se rend compte de notre chance), c'est de sauter sur n'importe quelle heure de trou pour aller rejoindre son lit, même pour 20 précieuses minutes. L'heure suivant le dernier cours est aussi dédié à la couette. Pendant l'hiver, je trouve que c'est le seul moyen de tenir.
2- Les vitamines : indispensables durant la période la plus ardue (hiver-concours-blanc-grippe-et-j'en-passe) Personnellement j'ai opté pour une cure de vitamine C, puis de levure de bière.
3- Notre ami le kiwi : J'en ai usé et abusé pendant l'année. Idem pour les oranges. Pour un effet coup de fouet, lâchez-moi ce kinder bueno, allons, pas d'enfantillages, et engloutissez-moi cette corbeille de fruits !
4- Participer en cours : Parfois, le meilleur moyen que je trouvais pour sortir de ma torpeur, c'était de lever la main pour donner une réponse, ou poser une question. Je trouve que cela permet de se remotiver, de réaliser que malgré notre état, aussi piteux soit-il, le cours est passionnant et qu'un prof tout aussi harassé est entrain de se donner à fond pour nous. Une fois redressé et alerte, on oublie sa fatigue. (ou pas)
5- Les siestes : non parce-que c'est vraiment important.
Et vous, quelles sont vos astuces contre la fatigue prépateuse ?
mercredi 17 juillet 2013
Studiosité estivale !
Sérieusement, ça fait trop "cliché de khâgneux" si je vous dis que ma valise a rendu l'âme hier sous le poids des livres que j'avais emporté en vacances ?
Et oui, une fois de plus, je me vois contrainte de différer ma participation au concours de la plus haute forteresse de magazines "Glamour" sur la plage - deux années de suite ça la fout mal - pour me consacrer à la bibliographie copieuse que mes camarades futur khâgneux et moi-même avons reçu en guise de cadeau de vacances. Un petit pincement au cœur, tout de même, à la vue de tous ces livres qui me font de l’œil sur ma bibliothèque, Belle du seigneur d'Albert Cohen, la suite de la Recherche, La Peau de Chagrin de Balzac, livres de vacances par excellence, et qui devront probablement attendre l'été prochain ! Bon, les œuvres au programme, du moins celles que j'ai lues pour l'instant, restent intéressantes, et sûrement passionnantes à étudier, mais je crois qu'aucune d'entre elles ne m'a réellement transportée comme l'aurait fait un bon petit roman que j'aurai choisi par moi-même. En même temps, le fait d'avoir des œuvres obligatoires permet d'élargir ses horizons dans la mesure où, soyons honnêtes, personne ne se réveille le matin en se disant "quelle belle journée, je suis bien d'humeur à me coltiner les 800 pages du Siècle de Louis XIV aujourd'hui." Bon, alors voici mes premières impressions sur les livres que j'ai lu.
J'ai d'abord jeté mon dévolu sur Don Quichotte, que j'avais étudié en espagnol et qui m'avait plu. Beau livre, rigolo et touchant. Ce que j'ai préféré, ce sont les histoires qui se télescopent, lorsqu'un nouveau personnage survient et qu'il nous expose ses maintes aventures sur le ton du conte fantastique, et que les autres personnages deviennent ceux à qui l'on raconte une histoire. Pour continuer dans la spé Lettres, j'ai aussi lu Erec et Enide de Chrétien de Troyes, qui m'a beaucoup surprise : n'étant pas à proprement parler une férue d'épopée, je craignais le pire et le fait est que je me suis beaucoup amusée en lisant ce roman. Le côté magique (le nain, la prolifération de diamants et de pierres précieuses) et musical (on ressent vraiment que ce genre d'histoire était chanté) m'ont fait me prendre au jeu du roman de chevalerie. Par contre, la vision de la femme se résume plus ou moins à "elle était merveilleusement belle et pleine de grâce, si bien que même cette petite joueuse d'Yseult ne lui arrivait pas à la cheville et elle ne disait jamais mot qui pût contrarier son chevalier de mari, parce-que faut quand même pas pousser hein, c'est qui l'homme ici ?"
Ensuite, pour le tronc commun j'ai lu Le siècle de Louis XIV de Voltaire, lecture assez douloureuse et ardue, mais qui malgré tout, j'entends lorsque l'on s'enferme dans une petite chambre vide de 2 mètres carré avec ledit ouvrage et une boîte de paracétamol, peut s'avérer surprenant et intéressant. Certaines anecdotes sont amusantes, et il y a des moments où l'on sent que Voltaire porte un regard critique sur les grands hommes de cette époque. Et puis, au bout d'une centaine de pages, je dirais qu'on s'y fait, et il y a même certains passages où je me suis surprise à me passionner pour les conquêtes de ce bougre de Loulou. Ce que j'ai trouvé vraiment insoutenable, ce sont les descriptions de stratégies et autres avancées militaires qui, alors que j'ai beau lire de vrais mots dans de vraies phrases, ne transmettent à mon cerveau qu'une purée trouble et hachée menu de "blah blah blah".
Puis je me suis attaquée à Cromwell, que j'ai plutôt bien aimé même si je ne fais pas partie des inconditionnels de Hugo. J'ai beaucoup aimé les fous du rois, amuseurs philosophes qui tournent en dérision les combines grotesques et les quiproquos épineux sillonnant la pièce, et qui nous questionnent à raison : clowns et ambitieux confondus, qui est le plus fou ? Ces personnages secondaires m'ont fait penser aux intermèdes clownesques qu'on peut trouver dans les pièces de Shakespeare (d'ailleurs il me semble que Hugo fait référence à Falstaff quelque part dans la pièce)
Pour finir, j'ai lu Dans la Solitude des Champs de Coton de Koltès, pièce qui me pose problème dans la mesure où je n'ai pas encore décidé de mon avis. Je trouve le thème du désir intéressant, ainsi que ce qu'en disent les personnages, mais quelque chose me dérange. Je crois que cela a un rapport avec la manière dont s'expriment les personnages. Je trouve le ton un peu sentencieux, solennel, comme s'ils entretenaient une conversation inspirée, et pourtant j'ai le sentiment qu'ils ne construisent rien ensemble, que chacun parle lorsque vient son tour, récite son texte. Je pense que je vais devoir relire pour mieux le comprendre.
Voilà ce que j'ai lu pour l'instant, là je suis dans les Tragiques et je commence à regarder la bibliographie de philo et d'espagnol...à suivre ! En passant, je me rends compte que ça fait un peu plus d'un an que je tiens ce blog de manière plus ou moins assidue, alors je voulais remercier ceux qui me suivent et qui m'encouragent à continuer. Même si je n'ai pas énormément de visites, le fait de se savoir lue est très stimulant ! Et merci aussi aux autres bloggeurs dont j'adore lire les aventures même lorsque je ne commente pas ! Sur ce, bon été :)
Et oui, une fois de plus, je me vois contrainte de différer ma participation au concours de la plus haute forteresse de magazines "Glamour" sur la plage - deux années de suite ça la fout mal - pour me consacrer à la bibliographie copieuse que mes camarades futur khâgneux et moi-même avons reçu en guise de cadeau de vacances. Un petit pincement au cœur, tout de même, à la vue de tous ces livres qui me font de l’œil sur ma bibliothèque, Belle du seigneur d'Albert Cohen, la suite de la Recherche, La Peau de Chagrin de Balzac, livres de vacances par excellence, et qui devront probablement attendre l'été prochain ! Bon, les œuvres au programme, du moins celles que j'ai lues pour l'instant, restent intéressantes, et sûrement passionnantes à étudier, mais je crois qu'aucune d'entre elles ne m'a réellement transportée comme l'aurait fait un bon petit roman que j'aurai choisi par moi-même. En même temps, le fait d'avoir des œuvres obligatoires permet d'élargir ses horizons dans la mesure où, soyons honnêtes, personne ne se réveille le matin en se disant "quelle belle journée, je suis bien d'humeur à me coltiner les 800 pages du Siècle de Louis XIV aujourd'hui." Bon, alors voici mes premières impressions sur les livres que j'ai lu.
J'ai d'abord jeté mon dévolu sur Don Quichotte, que j'avais étudié en espagnol et qui m'avait plu. Beau livre, rigolo et touchant. Ce que j'ai préféré, ce sont les histoires qui se télescopent, lorsqu'un nouveau personnage survient et qu'il nous expose ses maintes aventures sur le ton du conte fantastique, et que les autres personnages deviennent ceux à qui l'on raconte une histoire. Pour continuer dans la spé Lettres, j'ai aussi lu Erec et Enide de Chrétien de Troyes, qui m'a beaucoup surprise : n'étant pas à proprement parler une férue d'épopée, je craignais le pire et le fait est que je me suis beaucoup amusée en lisant ce roman. Le côté magique (le nain, la prolifération de diamants et de pierres précieuses) et musical (on ressent vraiment que ce genre d'histoire était chanté) m'ont fait me prendre au jeu du roman de chevalerie. Par contre, la vision de la femme se résume plus ou moins à "elle était merveilleusement belle et pleine de grâce, si bien que même cette petite joueuse d'Yseult ne lui arrivait pas à la cheville et elle ne disait jamais mot qui pût contrarier son chevalier de mari, parce-que faut quand même pas pousser hein, c'est qui l'homme ici ?"
Ensuite, pour le tronc commun j'ai lu Le siècle de Louis XIV de Voltaire, lecture assez douloureuse et ardue, mais qui malgré tout, j'entends lorsque l'on s'enferme dans une petite chambre vide de 2 mètres carré avec ledit ouvrage et une boîte de paracétamol, peut s'avérer surprenant et intéressant. Certaines anecdotes sont amusantes, et il y a des moments où l'on sent que Voltaire porte un regard critique sur les grands hommes de cette époque. Et puis, au bout d'une centaine de pages, je dirais qu'on s'y fait, et il y a même certains passages où je me suis surprise à me passionner pour les conquêtes de ce bougre de Loulou. Ce que j'ai trouvé vraiment insoutenable, ce sont les descriptions de stratégies et autres avancées militaires qui, alors que j'ai beau lire de vrais mots dans de vraies phrases, ne transmettent à mon cerveau qu'une purée trouble et hachée menu de "blah blah blah".
Puis je me suis attaquée à Cromwell, que j'ai plutôt bien aimé même si je ne fais pas partie des inconditionnels de Hugo. J'ai beaucoup aimé les fous du rois, amuseurs philosophes qui tournent en dérision les combines grotesques et les quiproquos épineux sillonnant la pièce, et qui nous questionnent à raison : clowns et ambitieux confondus, qui est le plus fou ? Ces personnages secondaires m'ont fait penser aux intermèdes clownesques qu'on peut trouver dans les pièces de Shakespeare (d'ailleurs il me semble que Hugo fait référence à Falstaff quelque part dans la pièce)
Pour finir, j'ai lu Dans la Solitude des Champs de Coton de Koltès, pièce qui me pose problème dans la mesure où je n'ai pas encore décidé de mon avis. Je trouve le thème du désir intéressant, ainsi que ce qu'en disent les personnages, mais quelque chose me dérange. Je crois que cela a un rapport avec la manière dont s'expriment les personnages. Je trouve le ton un peu sentencieux, solennel, comme s'ils entretenaient une conversation inspirée, et pourtant j'ai le sentiment qu'ils ne construisent rien ensemble, que chacun parle lorsque vient son tour, récite son texte. Je pense que je vais devoir relire pour mieux le comprendre.
Voilà ce que j'ai lu pour l'instant, là je suis dans les Tragiques et je commence à regarder la bibliographie de philo et d'espagnol...à suivre ! En passant, je me rends compte que ça fait un peu plus d'un an que je tiens ce blog de manière plus ou moins assidue, alors je voulais remercier ceux qui me suivent et qui m'encouragent à continuer. Même si je n'ai pas énormément de visites, le fait de se savoir lue est très stimulant ! Et merci aussi aux autres bloggeurs dont j'adore lire les aventures même lorsque je ne commente pas ! Sur ce, bon été :)
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